Badinter a-t-elle raison ?
Par Stéphanie le dimanche, mars 7 2010, 20:31 - Education :: Arsouille - Lien permanent
Je n'ai pas (encore) lu son livre (contrairement à La Mère Joie et à Ficelle qui en parlent très bien) mais j'ai vu sur Canal Plus l'émission L'Edition Spéciale du 3 mars à ce sujet (dès la partie 3) et j'en ai parlé avec quelques mamans.
Ce qu'elle dénonce
- L'allaitement
- La cuisine maison (et bio)
- La mère à la maison
- Les couches lavables
- L'accouchement dans la douleur
- Etc.
Le maternage, un gros mot ?
J'ai vu de loin sur des forums ou de près dans des magazines émerger cette notion de "maternage", voire même de "maternage proximal" (où l'on rajoute pêle-mêle le cododo, l'écharpe de portage, l'allaitement long et pourquoi pas l'école à la maison ou tout autre chose qui rapproche physiquement et intellectuellement de son enfant tout en le laissant s'épanouir) et ces nouvelles (par rapport à nos propres parents) idées sur l'éducation (cf Isabelle Filliozat ou Thomas Gordon pour ne citer que deux).
J'en ai vu, et j'en ai parfois été, de ces mères qui claironnent
(plus ou moins
fort) sur leur allaitement, la préparation de petits plats maison,
l'utilisation de couches lavables : il est certain que cela demande un
investissement de temps et d'énergie, principalement maternelle, et
qu'il y a de quoi être fière de mettre ces petites ou
grandes choses en
place.
Ça ne signifie pas pour autant que l'on se sente supérieure ou autorisée à juger celles qui font différemment.
Je n'ai jamais utilisé ce mot "maternage", j'étais juste une maman qui faisait ce qui lui semblait bon, pas qui souhaitait adhérer à des principes ou une doctrine.
Je n'ai jamais vraiment pensé que donner un petit pot, arrêter l'allaitement ou les couches lavables allait faire de moi une moins bonne mère. Au contraire même : j'aurais été frustrée et en colère de devoir me forcer à faire quelque chose pour lequel je n'avais plus de plaisir et que des obligations.
Et j'ai repris de la même manière le travail par plaisir et envie et j'ai laissé mon fils de 8 mois 30 heures par semaine chez une nounou, non seulement pour travailler à la maison, mais aussi pour avoir du temps pour moi.
- pourquoi parfois une maman qui n'a pas souhaité allaiter arrive à se sentir "moins bonne mère" qu'une maman allaitante (voire culpabilisée de ne pas allaiter) ?
- pourquoi parfois une maman allaitante ne peut-elle pas simplement partager la joie de l'échange réussi au même titre que celle du premier sourire de son enfant ?
- pourquoi parfois une maman allaitant un bambin (plus de 12 mois) sera-t-elle jugée comme "malsaine" ?
Ce que je vois ici en Allemagne
Je n'ai pas été mère en France, je ne peux donc juger de la pression qu'on peut y ressentir et de toute manière je n'y suis pas vraiment sensible.
Par contre j'habite en Allemagne et ici les mamans (généralement 1 seul enfant vers 35 ans) prennent un congé parental de 3 ans où elles continuent de toucher 70% de leur salaire.
Elles se doivent de faire des activités avec leur bébé (massage, bébé nageur...), d'allaiter (au moins 6 mois exclusivement mais 12 voir 24 c'est mieux) puis de cuisiner des petits plats (bio évidemment). Il y a surement d'autres choses mais comme je n'ai pas suivi le mouvement je ne suis pas au courant.
Ici la mauvaise mère on l'appelle la mère corbeau
(la Rabenmutter qui néglige ses petits).
Elle allaite pas longtemps (tout le monde y va de son conseil pour relancer sa lactation), elle abandonne son enfant chez une nounou ou à la crèche (on ne fait pas un enfant pour le faire élever par d'autres
)...
Ce qui me choque c'est que non seulement il est très mal vu de dire qu'on ne trouve pas tout cela (passer 24/7 avec son enfant, mettre sa carrière professionnelle entre parenthèse voire en berne, allaiter) épanouissant mais pire encore, certaines mères crèvent de jalousie et envient celles qui ont repris le travail plus tôt (ou qui ont une vie à elle) et pourtant ne peuvent s'empêcher de les traiter de Rabenmutter.
Ce qu'elle dénonce réellement Badinter
[Edit du 08/12/2010 à 19h13, apparemment je ne suis pas claire dans mes propos, je me corrige]
Le sujet semble être ces choix qui prennent du temps et de l'énergie, ces petits sacrifices qui pour certaines mère ne sont pas épanouissant, qui sont venus et sont entretenus par une pression (de l'entourage, de la société, de soi-même)
dans le but d'être une bonne mère
.
Elle ne parle pas de celle qui sont épanouies et heureuses de leur choix (quel qu'il soit), de celles qui n'ont pas à les justifier, de celles qui ne souffrent pas du regard de la société, elle parle des autres qui se sentent moins "bonne mère" que d'autres, du fait qu'elles ne "font pas tout" pour leur enfant.
[/Edit]
A qui la faute ?
Est-ce que le problème vient des mamans ? Est-ce qu'il vient de la diversités des options d'éducation (et je balance là dedans le lait, le manger, le dodo, les jeux, les couches, tout en fait ) qui nous sont proposées ? Est-ce la faute au réchauffement climatique et au besoin de se rapprocher de la nature ? Un problème de génération ? Est-ce le corps médical qui est mal renseigné, mal formé et trop directeur et souvent contradictoire ?
Qu'est ce qui fait que le choix de certaines peut rendre mauvais le choix des autres ?
J'ai juste l'impression que l'indépendance durement acquise des femmes est parfois toute remise en question dès qu'elles ont un enfant.
Comme si la maternité était le dernier bastion à franchir. Choisir de faire des surgelés pour le repas, d'être carriériste ou camionneur, de ne pas être à cheval sur le rangement de la maisonnée c'est plus ou moins (bien) passé, mais la maternité départage encore beaucoup.
Faire le choix
L'idée n'est pas de trouver un juste milieu avec le système français où la majorité des mères retournent au travail alors que leur enfant a quelques mois ou le système allemand avec une (difficile) reprise du travail après 3 ans d'arrêt. A la limite là on ne parle que de temps, pas de la manière de l'occuper.
La question est de savoir si l'on est obligé de choisir entre son enfant et soi même (que se soit ses loisirs, son travail, son sommeil...).
Élevant mon fils de 29 mois depuis ses 21 jours en Allemagne, ayant une famille et une belle famille généralement respectueuse de nos choix d'éducation, et surtout étant difficilement culpabilisable, je n'avais pas réalisé que la France glissait vers l'Est sans trop s'en rendre compte.
Et si je comprends bien il y a déjà un bon bout de chemin parcouru et il ne manque qu'un coup de pouce de l'état pour arriver à la regrettable situation germanique (regrettable parce que le choix est très lourd à porter).
Une solution ?
J'attends avec impatience son livre pour voir si elle propose une solution, une manière collective de s'en sortir mais vu comment beaucoup de mamans "maternantes" (que j'ai ce mot en horreur) à la maison et/ou allaitantes ont réagi à ses passages radios ou télés je doute qu'on arrive rapidement à une société sans jugement sur les choix de maternité et d'éducation de nos consœurs...








Commentaires
Concernant l'allaitement, j'ai 2 points de vue. Celui de celle qui a voulu biberonner et celui d'allaitante jugée par les autres (mes parents en l'occurrence).
J'vais commencer par ma mère... Déjà je crois que l'allaitement pour elle, c'est "bizarre". Elle a vu ses grandes soeurs allaiter. La première ayant souffert apparemment de très grosses crevasses sanguinolentes et terriblement douloureuses. Donc allaitement abrégé. La 2ème a allaité peu de temps, juste le temps du congé mat et ma mère me disait que c'était 6 semaines seulement. L'idée d'allaiter en reprenant le travail, elle n'arrive pas à s'y faire. L'idée d'allaiter un enfant de 12 mois, ça lui semble suréaliste. Un bébé ça s'allaite max 2 mois pour elle. 6 mois ouhala c'est trop long. Pour vous dire à quel point l'allaitement on dirait une pratique venue d'une autre planète pour elle, elle a suivi bêtement si j'ose dire les conseils de sa belle-mère pour le choix du lait artificiel. Et elle ose me sortir que ses frères et soeurs ont été nourris au lait concentré coupé..... J'ose même pas imaginer les coliques qu'ils ont eues...... Mon père, pas mieux. 1 semaine après avoir accouché, il m'a dit qu'il allait falloir arrêter de lui donner à manger la nuit pour qu'il fasse ses nuits !
Quand j'essaie d'expliquer ce qu'est un pic de croissance et que je ne veux pas le rater, ma mère me dit que je pourrai toujours compléter avec du lait maternisé, ça se fait très bien pour celles qui ont pas beaucoup de lait. C'est pas que j'ai pas beaucoup de lait, c'est que ça serait quand même dommage de louper le pic de croissance parce que je sais que ma lactation peut très bien suivre (cf bébé numéro 1). Le concept de mettre bébé souvent au sein pour activer la lactation, ça lui dit rien.
Et puis il y a l'autre point de vue. Je ne l'avais pas entrevu avant ma 2ème grossesse. Arrêter l'allaitement pour le 1er a été pénible. Pourtant, après quelques semaines, j'ai réalisé que c'était pas si mal de donner le biberon. Je trouvais (sincèrement) le contact plus intense avec mon fils (on pouvait se regarder dans les yeux, j'arrivais jamais quand il était au sein) et j'étais contente de ne plus être la patronne de la nourriture du bambin. Je pouvais déléguer.
Donc quand le 2ème est arrivé, je n'étais pas certaine de ce que je voulais. Autant pour le 1er allaiter avait été une évidence. Autant pour le 2ème non... Le personnel médical ne m'a jamais dit "il faut le faire". Mais la culpabilité dont parle Badinter est arrivée.........
Allaiter, c'est ce qu'il y a de mieux pour votre enfant (le plus beau cadeau que vous pouvez lui faire, blabla etc). C'est affiché à la maternité, c'est même écrit sur les boites de lait maternisé. Du coup, comme mon allaitement pour le 1er s'est bien passé et comme le père insistait pour que je le fasse (ça va être l'hiver, il va en avoir besoin pour pas être malade blablablaabla), je culpabilisais de CHOISIR de ne pas allaiter. Je n'avais pas de bonnes raisons pour ne pas le faire. Ma raison était tout simplement égoïste. Et me voilà donc culpabilisant de mon égoïsme, ne voulant pas donner le meilleur de moi-même et faire le plus beau cadeau possible à mon bébé. Je n'arrive pas à vivre avec ce sentiment de culpabité. Donc me voilà allaitant le 2ème aussi. Cododotant tant bien que mal pour que ça se passe mieux mais en fait, c'est pire, il est super bruyant la nuit donc hop dans sa chambre.
Je me retrouve à allaiter Numérobis à contre-coeur mais biberonner se ferait avec tellement de culpabilité que je n'ai pas eu l'impression d'avoir vraiment le choix.
Du coup je comprends parfaitement ce que Badinter a voulu dire sur l'allaitement. Pourtant, jamais une personne ne m'a fait de réflexion (autre que mon mari). Mais j'entends la petite voix qui répète "c'est le plus beau cadeau que tu puisses faire à ton bébé", ça c'est culpabilisant (et pas les mamans qui allaitent en public ou celles qui sont contentes de leur allaitement qui se passe bien). C'est loin d'être comme cette affiche qui vante avec beaucoup d'humour les avantages du lait maternel au sein (rien à transporter, rien à stériliser, pas de BPA, etc). Cela dit, la future nounou de mes fils, ancienne consultante en lactation, m'a déjà branchée sur les réunions pas loin de chez moi "allaitement et travail"... J'avais rien demandé, je sais même pas si j'aurai envie de continuer en travaillant !
Après, je me dis que la mère Badinter elle a pas tout à fait tort quand je lis sur les forums des trucs d'extrémistes du style "si tu fais pas tel ou tel truc ça sert à rien d'avoir des enfants"..........! Belle mentalité ^^
@Hélène : Merci de ton témoignage !
Au final tu te retrouve à te mettre toute seule la pression, c'est bien ça ?
Je me demande de quelle manière est-ce qu'ayant bien plus de choix et de libre arbitre que nos propres mères il y a des choses que l'on souhaite "rectifier" dans notre propre approche de la maternité afin de "ne pas finir comme elle" ou bien que nos enfants "ne terminent pas comme nous" ou bien, au contraire, que l'on souhaite "perfectionner" comme pour dépasser le maître.
Hello,
Pour avoir été jeune maman en Allemagne dans la contrée lointaine de stéphanie et avoir subi, avec force, les critiques avec regards inquisiteurs, papas m’expliquant que c’est pas bien de ne pas mettre ta vie entre parenthèse, mamans m’expliquant que « ok t’étais malade donc on a bien compris ton arrêt d’allaitement mais là , et je me suis renseignée auprès d’une amie sage femme, tu peux reprendre l’allaitement, NON PARCE QUE C’EST VRAIMENT meilleur pour arthur »
Le « on ne fait pas un enfant pour le donner après à quelqu’un » dit par une nana dépressive d’être à la maison car son mari rentre tard, son fils n’en fait qu’à sa tête (euh ce coup ci rien à voir avec le mode d’éducation, il avait juste trois ans à l’époque et donc chiantissime) et qu’elle n’aime pas ne pas travailler mais c’est tellement bon pour mon fils et mon mari !!!
Un autre mari qui m’explique le soir de ma première sortie hors de chez moi pour autre chose que promener arthur « t’as pas honte de fumer une clope et boire un verre alors que ton fils est seul à la maison » euh à préciser il n’est pas seul, il a ce que l’on appelle une baby sitter C………..ARD
Et là je comprends dores et déjà hélène concernant l’allaitement puisque mon mari , élevé par une mère allemande, a eu du mal à comprendre quand je lui ai dit que l’on pouvait faire le choix de ne pas allaiter simplement parce qu’on en a pas envie REPONSE « mais ton fils, c’est meilleur pour lui ce serait égoiste non » bon, réflexion faite il soutiendra mais clairement le message est passé chez lui
J’ai lu badinter, je reprécise qu’elle n’est pas contre l’allaitement ou autre trucs de maternage, elle explique simplement que cette doctrine du « tout pour l’enfant par ce retour à la nature donc retour de la mère à la maison à ne penser qu’à son enfant » fait déjà des ravages pour le droit des femmes dans les sociétés de l’est et du sud, l’irréductible gaulois étant encore la France mais les hautes instances matraquent déjà certains préceptes et ça commence à faire mal……………………….à qui ...................aux femmes qui commencent à culpabiliser ou alors elles allaitent obligatoirement à l’hosto puis peuvent arrêter au bout de 10 semaines en quatimini« nous avons encore une bonne excuse avec le retour au boulot » mais si il y a de nombreuses incitations à la reprise du travail avec possibilité d’allaiter qui trinque ?? et oui encore une fois, il faut donner la possibilité aux femmes voulant continuer d’allaiter au boulot de le faire et dans de bonnes conditions (pas comme une copine obligée de se retrouver à pomper aux toilettes de l’étage, pratique et agréable, un vrai sacerdoce ) mais il ne faut en aucun cas culpabiliser celle qui ne veut pas.
Et il faudrait arriver à ne pas culpabiliser celle qui par choix ne veut pas allaiter.
Non parce que moi j’en ai ch……….. pour allaiter, on m’a (sans que je m’en rende compte) forcé à pomper mon sein à l’hosto toutes les 4h, lait que je ne pouvais pas donner à mon fils puisque avec pleins de médocs dedans. Après l’opération (double occlusion intestinale) au bout de 48h de souffrance et après avoir eu une césarienne en prime ils ont attendu 4h !!!!!!!!!!!!!! avant de me redire de pomper mais moi, couillonne, ben je fais parce qu’honnêtement je suis dans le gaz
Retour en France, et là choix d’un mode de crèche parentale donc présence parentale ½ journée par semaine, choix qui me plait, je vais voir mon fils tranquillou jouer avec ses potes et ça ça me plait. Mais j’y regarde de plus près : moi, je suis étudiante, je bosse pas donc j’ai »le temps « (tout relatif, préparer un concours de juge, s’occuper de la maisonnée et autres conneries administratives c’est chronophage) et l’argent (merci pôle –emploi) donc rien à redire le mode de garde me plait. Mais qui fait les demi journée : les mamans qui se sont mis au 4/5ème, gagnent moins d’argent mais font le même boulot mais en moins de temps, voient passer toutes les augmentations professionnelles au profit de leurs collègues masculins qui , eux , restent tard dons logique « ils bossent plus, gagnent plus, réussissent »CQFD
Et là je me dis que notre société en devient caricaturale mais véridique j’ai fait une enquête sur 16 femmes : « toutes les mêmes problèmes » et elles ont toutes eu des postes à responsabilités et le même niveau d’étude que leurs maris YOUPI
Je précise que, par rapport à l’Allemagne, je suis heureuse d’être rentrée en France.
Je félicite juste Elizabeth Badinter de mettre ces problèmes sur la table, ça fait parler et rien de mieux pour nous ouvrir les yeux et que l’on arrête de croire que c’est normal de faire trois journées dans la journée, que oui, il faudrait mieux répartir les tâches ménagères, que la réussite professionnelle et l’épanouissement personnel sont conciliables, que nos enfants seront aussi heureux si on est heureux, que la qualité du rapport est important et que la quantité ne veut pas dire qualité (et oui mère au foyer ,ça ne va pas à tout le monde dixit « MOI » et j’emmerde celles qui pensent que je suis une mauvaise mère pour cette raison)
Voili voilou, lisez le, le livre n’est pas révolutionnaire car ne propose pas de solutions mais a le mérite d’expliquer les sociétés soit disant helpful pour les mères :
- son étude sur la société suédoise est très intéressante et donne une nouvelle approche
- celle de l’Allemagne me tien à cœur, je l’ai vécue et elle l’a compris
- l’explication sur « pourquoi la France a-t-elle un des plus haut niveau de nombre d’enfant est simple mais toutefois logique
- elle ne culpabilise personne, veut juste « le choix », ce fameux choix pour lequel nos mères se sont , parfois chèrement, battues
merci steph pour ce petit post
@mélina : Je suis contente que les non blogueuses trouvent ici une voie d'expression.
Mélina, j'attends le livre, dès qu'il est dispo tu me le postes ?
Pour avoir été au moins un temps et par envie et plaisir "maman au foyer, allaitante, couche lavables, portage, purées maisons bio" je suis vraiment curieuse de lire ce qu'elle dit, de voir comment elle oriente son discours, pour mettre autant de femmes en colère ou mal à l'aise avec les choix et les "investissements" qu'elles ont fait.
Je ne comprend pas quand tu dis que la France glisse vers l'est. Je connais aussi très bien la situation allemande, car habitant juste à côté et connaissant un certain nombre de personne y vivant. La situation française n'est en rien comparable à la situation allemande.
En France il n'est pas vu d'un bon œil de prendre un congé parental.
Il faut aussi arrêter tout ce tapage sur l'allaitement, si les sage-femmes encouragent les femmes françaises à allaiter c'est que la situation dans les années 80 était : le lait maternisé et rien d'autre. Dans les maternité les sage-femmes mettaient d'office les enfants au biberon sans demander leur avis aux mères, qui d'ailleurs recevaient à leur sortie de maternité toute leur petite panoplie de lait maternisé avec des marques précises à acheter (marques qui subventionnaient et subventionnent toujours les maternités). Depuis quelques années on encourage fortement les femmes à allaiter, mais combien sont-elles à choisir l'allaitement? 60%, après 4 semaines beaucoup moins et au bout de 3 mois (fin de congé maternité) le pourcentage est très très faible. En France, les femmes qui allaitent plus de trois mois, les femmes qui utilisent des couches lavables... sont une minorité. Et ces femmes qui comme moi utilise des lavables utilisent aussi bien souvent des jetables lorsqu'il faut sortir, la nuit... Je cuisine quasiment tous les repas de mes enfants, mais il m'arrive aussi d'utiliser des petits pots du commerce pour dépanner...
Je n'ai pas encore lu l'ouvrage de Badinter, je ne sais pas si je le lirai, ce qui est sur c'est qu'elle a su se faire un bon coup de pub et que de nombreuses personnes pour ou contre l'achèteront pour se faire une opinion.
@Vert Citrouille : Bonjour et bienvenue Vert Citrouille !
J'ai l'impression d'avoir raté mon argumentation.
Je ne remets pas du tout en cause de choix de chacune et encore moi de celles qui allaitent, longtemps ou pas et qui font des choix "alternatifs" dans l'éducation de leur enfant : j'en fais partie !
Ce qui m'impressionne dans cette polémique c'est que j'ai l'impression qu'on se retrouve avec des camps, des parties adverses et que dans les extrêmes de chaque camp on se sent agressé par les choix de l'autre ou par ses propos et que d'autres se sentent influencées, même inconsciemment, et ont parfois du mal à assumer leur choix car elles ont l'impression de mal faire.
Pour la situation allemande il semble que j'habite dans un région assez conservatrice, ce qui n'arrange rien : les places en crèches "publiques" sont rarissimes et les nounous sont apparemment encouragées à prendre 2 enfants plutôt que 5.
Quand tu dis qu'en "France il n'est pas vu d'un bon œil de prendre un congé parental" c'est mal vu pour la carrière, pour l'enfant, qu'est ce qui est remis en cause ?
Sinon, comme toi je n'achèterai pas le livre, je me le ferai prêter
J'aime lire des choses très variées, ça me permet de trier le grain de l'ivraie et de trouver ma propre voie.
Mais t´as vraiment vu ca en Allemagne ? Tout le monde en parle de ces rabbenmutter mais je n´en ai jamais entendu parler (je n´ai jamais entendu personne prononcer ce mot) et je ne me suis jamais sentie culpabilisée de travailler... Les filles qui etaient avec moi au cours de prepa a l´accouchement prenaient maxi 1 an de congé mais en general 6 mois. J´avais une place en crèche en janvier (Mia aurait eu 4 mois et demi)... La sage femme qui nous a suivie Melina et moi ne nous a jamais poussé dans une direction ou une autre (et on peut la choisir)... c´est vrai par contre que ca manque de places en crèches (on a du bol dans la science), mais surtout le gros probleme c´est l´acces des hommes au conge pater et les jugements negatifs quand certains le font (j´ai au moins 4 exemples)... Des qu´il veulent s´occuper de leurs gamins, ils sont mal vus...
Apres ca c´est vrai qu´on se positionne beaucoup par rapport a nos antecedents... Mais pour moi le plus dur dans l´arret de l´allaitement c´est cette impression qu´une page se tourne, definitivement et ineluctablement... Le temps qui passe, les roses qui fanent tout ca...
@CecilB2000 : J'ai pas mal parlé avec ma nounou et oui, ça existe les rabbenmutter (c'est même un des premiers mots que Mélina m'a appris ici) bien qu'elle n'ai fait aucun jugement et était justement heureuse d'être un relais parental : elle gardait notamment un garçon un peu plus âgé que mon fils dont les parents travaillaient de 7h00 à 17h00 et la mère le vivait assez mal de devoir laisser son enfant, expliquer pourquoi, se justifier.
Elle m'expliquait que beaucoup des mamans qui reprenaient le travail avant 3 ans le faisaient pour des raisons économiques, parce que les 70% de salaire en congé parental n'étaient pas suffisants pour vivre.
Ou sinon c'est parce que tu as un travail très important (genre chirurgien) mais tu attends un an et tu bosses à temps partiel.
Après il y a certainement des domaines professionnels ou c'est plus facile ou plus admis. En science comme tu le dis. D'autant que beaucoup ont voyagé et/ou viennent de pays étranger, ça change probablement les mentalités.
Cela n'a pas influencé mes choix, parce que je considère n'avoir aucun compte à lui rendre, mais ma pédiatre m'a fait des remarques quand elle a su qu'Elliott était 30 heures par semaine chez une nounou (alors qu'il a commencé à 8 mois) et que je trouvais ça génial pour son développement (alors qu'elle en doutait clairement).
Même chose pour l'allaitement arrêté à 5 mois : ce n'était pas concevable pour elle est elle a commencé à me raconter comment je devais relancer ma lactation.
Après, tu le sais bien, je ne parle pas vraiment allemand. Mais ces remarques que font les gens (et les inconnus) à Kiel sur tout et n'importe quoi s'appliquent aussi aux mamans et à leurs bébés.
La situation semble complétement différente à Berlin, je pense que le Schleswig-Holstein est vraiment particulier pour cela.
Elizabeth badinter ne fustige pas les femmes qui font le même choix que toi vert citrouille , et je ne crois pas avoir dit à un seul instant que je trouve ça nul, loin de là. Je suis la première à dire qu’il faut aider ces femmes qui font ce choix dans leur démarche (aider le retour au boulot si elles le veulent, aider l’allaitement au travail, encourager les couches lavables, la cuisine bio……………aider les congés paternité et encourager le changement de mentalité à ce sujet….) mais je veux juste relayer l’idée de badinter selon laquelle il existe une doctrine qui prend de l’envergure car leurs actions de communication sont relayées de plus en plus par les médias, et cette doctrine fait du mal à toutes celles qui ont fait d’autres choix ou qui subissent d’autres choix.
C’est là où les médias n’ont pas réussi à retranscrire ce qu’elle a écrit. Je n’ai pas vu l’émission du grand journal mais je crois (d’après steph) qu’elle a elle-même rembarré le journaliste qui lui disait qu’elle est contre l’allaitement
Oui très clairement en France on est loin de l’Allemagne et non la situation n’est pas si noire que ça pour les mères en Allemagne car pour celles qui se réalisent pleinement dans la maternité et qui veulent concilier cela, les aides au salaires sont super et cela évite une séparation très difficile pour certaines à 10 semaines
Dans l’autre sens, celles qui font un autre choix sont fortement critiquées même si ce n’est pas à voix haute…et oui je suis officiellement une « rabben mutter »
Oui en France le choix de l’allaitement n’est pas aussi courant qu’ailleurs et badinter ne dit pas autre chose, elle dit seulement sa peur de voir le discours de la maternité bio, nature encourager les femmes à un retour à la maison car c’est mieux pour l’enfant et la Terre
Et elle veut éviter que les femmes subissent cet obligatoire retour à la maison contre lequel elles se sont battues mais elle veut encourager toutes les femmes à vivre leur maternité quelle qu’elle soit avec ses bons et ses mauvais côtés
C’est marrant on s’arrête sur un pan de mon texte mais pas sur le fait qu’en France c’est pas non plus simple d’être une mère……..et c’est marrant mais à aucun moment et je viens de me relire trois fois je n’ai dit que l’allaitement c’était pas bien et j’ai même dit qu’il faut aider celles qui apprécient ce mode
j’ai été confrontée à toutes ces critiques, je l’ai mal vécu . oui notre sage femme à cécile et à moi a été très « supportive » mais elle m’a elle-même dit qu’elle reçoit beaucoup beaucoup de critiques sur son mode de vie
je crois juste qu’un tel discours , si il est tenu avec un truc du genre « je comprends pas pourquoi les autres le font pas , comment peuvent elles être si égoiste pour leur enfant et la terre » peut avoir des incidences très néfastes pour celles qui ne font pas ce choix
voilà je disais simplement ce que moi j’ai ressenti, je suis entourée de femmes qui font des choix difficiles, qui croient dans le fait qu’il faut chacune faire quelque chose pour tenter de sauver cette planète, qui ne croient pas à la surconsommation, qui crois en l’allaitement , qui crois que l’enfant est une personne, qui l’encourage à s’exprimer et loin de moi l’idée de critiquer cela mais et je rejoint badinter à 100% il existe un discours parallèle à ces idéologies qui peut être extrêmement culpabilisant , qui peut avoir pour conséquence de renvoyer les femmes à la maison car c’est MIEUX et cela stigmatise toutes celles qui font d’autres choix
Mais ce que je trouve zarbi la dedans, c´est qu´on ne se pose jamais la question de l´investissement masculin : pourquoi les hommes ne partagent pas ce temps que les femmes passent avec leurs enfants ??? Parce que c´est ca pour moi le vrai probleme... L´allaitement ne dure qu´un temps, c´est minime sur une vie (on va les avoir au moins 20 ans sur le dos nos monstres !)... Alors que la presence des parents pour d´autres choses que la nourriture est necessaire tres longtemps (genre visites chez le medecin, garde-malade ou matinées a la creche, comme tu le disais Melina...). Et là, ou sont les papas ? Pour moi c´est là qu´il faut se battre car quoi que tu choisisses, tu trouveras toujours quelqu´un qui pense -et te diras- que c´est très mal ce que tu fais (des gens qui n´ont pas d´enfants et te donnent moultes conseils, par exemple)... Et en plus oui c´est assez dur d´etre parent, les remises en causes constantes, la réorganisation du temps, du couple, les doutes, les craquages, etc... Quoi que l´on choisisse, on y a tous droit...
Je n´ai pas eu l´impression d´avoir été critiquée tant que ca en Allemagne (pourtant je fumais et buvais -certes avec modération :)- pendant la grossesse et l´allaitement), je suis retournée bosser quelques semaines apres l´accouchement, personne ne m´a rien dit (ou je ne m´en souviens pas). Je me souviens par contre d´avoir eu souvent la peur de mal faire, de mettre ma minette en danger ou de mal m´y prendre (genre Mia dormais sur le ventre, oulala), mais comme tout jeune parent je pense... Nous on a toujours trimballé Mia partout avec nous (dans les bars, chez les gens), et on a plutot recu des regards amusés et positifs...
Je sais pas, moi j´ai l´impression qu´elle s´est trompée de cible la mère Badin, et que c´est pour ca qu´autant de personnes réagissent negativement a ses propos (d´autant que ce n´est pas tres neuf tout ca, l´allaitement anti feministe, etc...).
@ Stéphanie De lire pas mal de réactions sur les propos de Badinter et tout ce qui a été dit par la suite, cela m'a donné envie d'en écrire une aussi ( à voir sur mon blog). J'y explique plus en détails ce que je veux dire par le congé parentale n'est pas toujours bien vu en France.
@ Mélina Je ne réagissais pas à tes propos mais à l'article de Stéphanie, je viens seulement de lire tes commentaires. Je suis d'accord quand tu dis qu'il ne faut pas pousser la femme à un retour à la maison si elle ne le souhaite pas, mais je n'ai pas du tout eu l'impression c'est ce qu'il se passait ces derniers temps en France avec l'état qui remet en question le congé parental, les discours comme quoi si les femmes prennent des congés parentaux c'est par obligation car elles ne trouvent pas de mode de garde... Femme au foyer ou pas, dans l'idéal cela doit rester un choix, car le plus important est d'être une femme épanouie, afin d'être une mère épanouie!
@CecilB2000 Je te rejoins complètement sur le rôle des pères, ainsi que l'impression que Badinter s'est trompée de cible. Ca recoupe un peu les interrogations que j'ai à la fin de mon article.
Ce qui est sur c'est qu'elle en aura fait couler de l'encre!!!!
ah, j'ai lu plusieurs blogs sur le sujet, mais c'est chez toi que j'ai trouvé le mot que je n'arrivais pas à trouver pour exprimer ce que je ressens, le mot "doctrine". Par nature peu influençable, je suis d'accord avec tes arguments. Et je souhaiterais que chacune soit suffisamment libre pour faire comme elle le sent sans culpabiliser.
@CecilB2000 : Je suis d'accord avec toi sur le fait d'un manque de parité (dans la plus part des couples, là encore je ne dis pas que c'est systématique). Mais à mon sens le problème est là avant la maternité.
Je crois (et là encore j'attends le livre pour confirmer) que ce que Badinter dit c'est que c'est la femme qui fait généralement le choix de : mettre son travail entre parenthèse (pour un congé parental), être réveillée systématiquement la nuit (pour une allaitante), être derrière les fourneaux (pour une cuisinière), gérer plus de machine (pour les couches lavables) et que généralement les pères s'en fichent un peu du choix fait et ne vont pas forcement mettre beaucoup la main à la pâte pour que ça se réalise.
Toi tu vis avec ce qui semble être une perle, peut-être qu'on devrait tous prendre des compagnons Hollandais
Pour le regard des autres en Allemagne, soit tu es comme moi et tu ne t'en es pas vraiment rendue compte ou formalisée, soit tu fréquentais uniquement des gens ouverts. Finalement tu n'as pas repris le travail à temps complet quelques semaines après la naissance de Mia, tu ne l'as pas laissé en crèche/nounou ici, tu as été allaitante et "portante", tu n'as (je crois) pas vu de pédiatre.
Du coup ton expérience sur la maternité est très différente de celle de Mélina qui a fréquenté beaucoup de femmes de handballer pas très futées.
Quant à moi, comme je l'ai dit, le cas des mères corbeau m'a intrigué donc j'en ai parlé mais les rares remarques que j'ai pu avoir et/ou comprendre ne m'ont pas affectées.
@Vert Citrouille : Je crois que j'ai mal formulé l'une de mes phrases dans mon billet, qu'elle prête à confusion et que tu m'attribues des pensées que je n'ai pas (je viens de la modifier).
Dans ton propre billet tu dis à la fin "Je me sens bien dans mon rôle de femme et de mère."
C'est de cela dont j'essaie de parler : que toutes les mamans, quelques soient leurs choix, devraient être comme cela.
Celles qui ont fait le choix d'investir plus de temps pour leur enfants en sont généralement contente.
Parmi les autres, celles que Badinter, on en trouve qui se sentent diminuées par les premières, forcées à faire des choix ou à expliquer leurs raisons.
Je ne parle pas des propos d'un livre de Badinter que je n'ai pas lu (du coup je ne sais pas de quelle manière elle "attaque" les "bonnes mère ;-)", je parle du choix d'être la mère que l'on souhaite être et son livre a révélé une importante communauté de mères qui se sentent diminuées (à tord) à cause des actions des autres, et je trouve ça dommage que certaines mamans, comme Mélina ou Hélène qui ont commenté ici, souffrent de cela.
Et pour aller plus loin je n'aimerais pas que la tendance se généralise et que l'on arrive à ce que je considère parfois comme des extrêmes en Allemagne : des mères qui se jugent être elles et une obligation morale de sacrifier beaucoup de choses pour son enfant.
@bbflo : Bienvenue ici
Non, tu as raison, ce combat pour cette liberté d'être mère et de ne pas avoir à subir de pression quelques soient les choix fait ne me semble pas gagné.
C'est peut-être un fait nouveau : pour ma naissance ma mère ne s'est pas posé de question sur l'allaitement par exemple, c'était biberons toutes les 3 heures, il n'y avait pas à discuter.
Est-ce que c'est parce qu'on a le choix qu'on se retrouve avec une telle pagaille ?
J'ai trouvé les commentaires chez moi aujourd'hui très instructifs.
Qu'en est-il ?
Dès que tu lances trois lignes sur l'alimentation du bébé, des femmes viennent relater leur expérience et tu sens que souvent le bouquin ou les propos de Baba sont décortiqués en relation avec encore une fois son expérience personnelle.
On touche là un point très sensible...
Ben vieux ça en fait ça des posts ! Je suis le numéro 16 :)) Bon débat en tout cas !
Je voulais juste dire qu'il faut un peu les pousser les hommes à prendre cette place à la maison, auprès de leurs enfants (même le mien :). Mais je crois que c'est avant tout un choix politique : faire en sorte que nos compagnons aient le droit (le devoir ?) de prendre du temps, aménager leurs horaires pour que ça rentre dans les mentalités. C'est bien au delà des choix alimentaires et couchaires (?)...
Par contre, petite rectif : nous avons vu plusieurs fois un pédiatre en Allemagne, Rik était à la maison, donc je suis allée régulièrement au boulot, j'avais une place en crèche pour les 4 mois de Mia... Mais c'est vrai que j'ai allaité... En gros, il y a certainement des gens qui pensent comme vous le dites mais je ne crois pas que ce soit la majorité (surtout chez les jeunes).
Allez je retourne à mes dutch !
@La Mère Joie : Tu as vu des retours de pères ?
Pas du tout.
@Steph t'as tout compris
@Melina je te connais pas mais je t'aime
Je plussoie ton discours ^^
@ steph, ce fut bien intéressant tout ça et grâce à cela ,j'ai découvert pleins de petits blogs de nanas bien dynamiques, le colis part normalement aujourd'hui avec "fausse route" qui est aussi de la sorcière baba
@hélène, mais oui moi aussi je t'aime YOUPI c'est chouette!!! en tous les cas, ton message m'a beaucoup.........parlé.........
@ toutes : merci beaucoup pour vos interventions, c'était très enrichissant !