Déjà 3 soirs...

Je me rappelle avant d'accoucher le conseil d'une amie : Même si tu n'es pas vraiment pour, apporte une sucette pour nourrisson, ça peut être nécessaire.

Avant de le plugger la première fois j'ai consulté les sages femmes de la maternité : si je le laissais faire il aurait passé ses jours et ses nuits au sein sans forcement boire (test confirmé aussi après la montée de lait).
Il avait de toute évidence un fort besoin de succion et moi j'avais besoin d'un peu d'espace.

Acte 1 : The beginning

C'est comme ça que la sucette est entrée dans nos vies.

Moi j'étais plus sucette que pouce, parce que le pouce tu le planques pas en haut d'une armoire quand tu veux lui en interdire l'accès et tu le jètes pas à la poubelle quand tu estimes ton enfant a passé l'âge.

Alors c'est vrai qu'on en a passé des nuits à se lever pour lui redonner la sucette perdue.

On a d'ailleurs testé plein de trucs quand il était tout petit, comme en mettre plein dans son lit, ou celles supposées briller, mais le plus efficace a été de l'accrocher à son pyjama avec une pince adaptée, pas super confortable s'il dormait sur le ventre, mais bon... pas eu de visite de la DASS.

Plus tard j'ai mis une veilleuse près de son lit, pour qu'il puisse la chercher et la trouver tout seul.
J'ai dû aussi bidouiller son lit pour qu'elle ne tombe pas entre le barreaux ou la barrière...

Faut être plein de ressources quand ton enfant a une sucette et que tu veux dormir, genre Mac Gyver pour gnome baveux.

Acte 2 : Restrictions du territoire

On a été obligé, quand il a été en mesure de se déplacer seul et d'aller chiper les choses, de restreindre les horaires et lieu d'utilisation du couple Mouki/Suçu (Mouki étant le petit lémurien en peluche dont il se frotte le nez avec la queue... ou inversement...).

On devait la journée planquer les avatars dans une boite, ou un seau et le plus facile était de lui demander de les déposer lui-même (fait participer ton enfant, il criera moins).

Sans ça, on avait un grand bébé lobotomisé, passant son temps à tétouiller et parlant la bouche plein de plastique.
Il avait l'air d'avoir le QI d'une huitre, la bave en plus.

Acte 3 : La Délivrance

La semaine dernière il a eu presque deux ans et demi, mais il a surtout eu une mega inflammation de la lèvre.
Du genre qu'il avait mal et qu'on en a profité pour lui expliquer que la sucette, la nuit, ça n'allait pas aider à guérir.

Premier essai : gros échec. Après 90 minutes de pleurs je lui ai filé une sucette. Mais pas la sienne de d'habitude. Une qui a une autre forme, un haut et un bas. Une sucette... différente. Il était pas content mais ça lui a cloué le bec et il a dormi.

Là je tiens tout de même à préciser qu'à 2 ans et demi il n'a pas eu qu'une seule sucette !
Ça se lave et ça se change, comme les brosses à dents.
Et comme les brosses à dents tu prends tes habitudes. Lui c'était en silicone et Avent, avec sa téterelle orthodontique, souple et symétrique qui respecte la croissance naturelle du palais, les dents et les gencives de bébé, même si la sucette se retrouve à l'envers dans la bouche. et crois moi c'est pratique.

Bref, on est revenu à la charge quelques jours plus tard en lui expliquant dès 16h qu'il n'aurait pas ça sucette parce que sa lèvre ne pourrait pas guérir comme il faut, blabla, blabla, pipeau.
C'est lui qui a sorti l'argument qui tue (et que nous avions tu) Les sucettes c'est pour les bébés !
Apparemment cette raison lui suffit, il grandi et tient à le faire savoir. Tant mieux.

Trois soirs qu'on en parle longuement mais on évite les cris et les larmes et il s'endort sans.

A la place on vient de tester le premier (d'une probable longue série *soupir*) récit fantasmagorique d'un lion dans sa chambre qui lui fait peur, là, par terre.
Et moi je me suis retrouvée à parler à un lion imaginaire...